Communiqué de presse

Nîmes, le 25 mai 2020

Des Nîmoises et des Nîmois privés de leurs marchés en cette période si difficile 

Dans notre ville seuls 2 marchés ont rouvert : celui du Boulevard Jean-Jaurès le vendredi 8 mai et celui de Pissevin le 13 mai. 

Les marchés de Valdegour, du Chemin-Bas d’Avignon et du Mas de Mingue, ainsi que les  deux marchés (horticole et textile) sont toujours fermés. Pour les marchés rouverts, les « ouvertures » sont très insuffisantes et incompréhensibles. 

Deux marchés sont ouverts seulement aux alimentaires, même depuis le déconfinement du 11 mai, dont les exposants-producteurs sont en très petit nombre :

  • sur le marché de Pissevin (petit rappel : plus de 100 exposants quand il se tenait à la place Debussy, une soixantaine depuis qu’il est sur la place Goethe) et seulement 4 exposants le 13 mai... et 10 exposants ce mercredi 20
  • sur le marché de Jean Jaurès, 10 exposants le 8 mai, une vingtaine (sur plus de 80) le 22 mai. Or, de grands espaces sont vides sur les 2 marchés, où la circulation des acheteurs pourrait être très facilement organisée sur une plus grande surface.

Problèmes communs aux marchés ouverts :

– que deviennent les commerçants non- alimentaires ?

– comment les commerçants alimentaires peuvent-ils vivre avec seulement un marché tous les 2, 3 ou 4 semaines ?

– quelle relation commerçants – clients quand il y a une rotation permanente ?  Il est impossible pour les acheteurs de savoir à l’avance quels étaliers seront présents sur le marché, ce qui incite les acheteurs à ne pas revenir.

– quels avantages pour les usagers ? le peu de choix et les grandes files d’attente ne les incitent pas à se déplacer

Problème pour les usagers de Pissevin (et les autres fermés des quartiers populaires) :

Ces marchés sont les lieux les moins chers de Nîmes et leurs clients les moins argentés (pour Pissevin, ils viennent de toute la ville, et de 50km à la ronde pour cette même raison), alors que les prix ont augmenté dans les commerces de proximité de ces quartiers.

Problème pour le marché du Jean Jaurès dit « marché des producteurs » : 

– il est proposé aux exploitants -vendeurs de ne venir qu’une semaine sur deux en cette saison de printemps, la plus productive. C’est méconnaître complètement le fonctionnement d’un marché de producteurs ; la production n’est pas stockée dans des frigos, on vend quand c’est mûr ! Et des maraichers appelés le 8 mai n’ont pas été recontactés le 15 ni le 22 mai, ce qui était pourtant prévu théoriquement par la Mairie.

Par ailleurs, pour le marché du Jean Jaurès, la mairie a décidé de privilégier les producteurs du Gard et n’a donc retenu que 40 étaliers sur un total de 80. Cela signifie-t-il que la moitié des étaliers du marché Jean Jaurès ne viennent pas du Gard, en temps normal ? C’est très surprenant ! 

En cette période difficile beaucoup réalisent enfin que les circuits courts sont indispensables pour notre économie locale et réduisent les dépenses énergétiques. Pourtant, il semble que les autorités municipales essaient de nous priver de nos producteurs gardois alors que nous cherchons toutes et tous des produits locaux. 

– Quel intérêt de concentrer le marché sur une faible surface et de ne pas étendre le marché jusqu’au “taureau » ? 

Les Nîmoises et les Nîmois, les acheteurs, sont très mécontents. Certains disent qu’ils ne reviendront plus, découragés par le peu d’offre et les grandes files d’attente ce qui incitera également un grand nombre de vendeurs à ne plus venir. 

Les vendeurs sont également très en colère, et font allusion à l’article 1 et à l’annexe 1 du décret 2020-548 du 12 mai 2020 qui indique que les marchés alimentaires, manufacturés et mixtes sont autorisés (info tirée du document diffusé hier sur le marché par la fédération nationale des marchés de France)

Pourquoi cet article du décret n’est-il pas appliqué à Nîmes, alors que les mairies d’Alès, Bagnols, Uzès… (les plus grands marchés du département après Nîmes) organisent des marchés presque “normaux”, tout en respectant, bien sûr, les règles sanitaires ?

Et comment comprendre que toutes les grandes surfaces fonctionnent normalement ainsi que les Halles de Nîmes, alors que les conditions de sécurité qui y règnent ne sont certainement pas meilleures ? 

C’est pourquoi la liste Nîmes Citoyenne à Gauche demande que les marchés en plein air soient réouverts avec les conditions sanitaires respectées. 

Vincent Bouget et Jo Menut 

Nîmes Citoyenne à Gauche